on life.

Welcome to Wonderland

4:30 du matin, ma porte s’ouvre, Vic chérie, tu dors? t’as pas faim ?
Patrick est en jean, pieds nus, chemise blanche ouverte, sur son torse dessiné.
Sous son cœur, un tattoo, au service de sa majesté.
Une vieille explorer I au poignet et un ceinturon en sangle vieillie.
Les mains pleines de cambouis, il les essuie avec une serviette, allez viens, on va se faire une brouillade et ne me dis pas que t’as pas faim.
Il allume la lumière n’attend pas ma réponse et ouvre la porte d’en face, pour donner la même sentence aux occupantes.
Nous sommes une famille de va nus pieds, on descend tous en cuisine, parfois on râle un peu, mais on sort toutes de nos chambres d’un t-shirt et d’un caleçon de mec habillés.
Lorelei la blonde liane déplie ses jambes graciles, prend des œufs dans le cellier et la crème au frigo.
Vénus, rousse incendiaire, pleine de taches de rousseur, sort du pain frais et le toaste que sur un coté. afin d’y tartiner du beurre salé.
Patrick quant à lui, descend à la cave pour nous remonter une bouteille rare qu’il a
déjà décantée en début de soirée.
il nous sort des verres à bordeaux, les pose sur la table de la cuisine.
c’est à moi que revient la tâche délicate, passer l’or noir à la mandoline.
De fines lamelles, une truffe par personne, du poivre et du sel.
Lorelei fait bouillir l’eau dans la casserole et prend le cul de poule pour commencer à brouiller, elle remue du popotin, on chante un refrain, parfois du Sinatra, parfois, les Stones, ce matin ce sera une chanson de Billy Joel, New York state of mind.
Les truffes embaument, le vin aussi. la lumière au dessus de la table est à son minimum, Vénus allume des bougies, on continue de chanter.
L’image d’une famille paisible.
Patrick nous regarde assis sur ce gros fauteuil club, ou je sais que vous allez dire un fauteuil en cuir dans la cuisine mais pourquoi faire?
Juste pour pouvoir voir ses femmes travailler. se poser avec nous quand on doit faire nos devoirs, s’assoir en bout de table pour préparer les repas.
En chantant, Patrick cherche une musique, il met un vinyl sur la platine du salon,  me fait poser mandoline et truffes pour me faire tournoyer.
Il me soulève presque, son sourire irradie. puis il demande à Vénus de nous rejoindre et à Lorelei aussi. On danse tous les quatre, enlacés et heureux.
Puis il s’arrête et nous dit.
Vous êtes un cadeau des dieux.
Mes filles chéries, moi qui n’a pas pu être Papa, j’ai le bonheur et la joie de vous avoir avec moi.
La brouillade est prête, on pose le bol sur la table, les mouillettes sont faites, on pioche avec nos petites cuillères en argent.
Chacun son tour, se régalant.
Patrick nous parle, il nous instruit.
L’amour inconditionnel, les règles dans la vie.
Les secrets que l’on garde, ceux que ne partage pas. jusqu’au moment où sans le savoir pourquoi, on deviendra pour lui, un joli livre ouvert.
Où on se donnera âme, cœur, et corps ; ce n’est que comme ça que ça marchera.
Il nous parle des hommes, de leur défauts, de l’amour qu’il faut donner, partager et transmettre. de la lumière, du précieux. De l’impossibilité de changer l’autre. et donc de la nécessité de l’aimer tel qu’il est.
Donner tout ceci afin de recevoir en échange, non pas la même chose. mais juste ce que l’autre peut te donner.
Au risque de parfois se blesser,se ramasser, avoir mal. Mais toujours se tenir droit. ne pas se refermer.
Aimer encore et toujours afin de tout transcender.
Un jour vous saurez, vous sentirez la folie, la douceur qui vous emporte, l’animalité en vous qui rugit.
Et là, il n’y aura rien d’autre que l’amour qui pourra vous sauver.
Cette force qui vous brule, qui vous fait bouger. Cette boule de feu, qui vous fait vous mettre à nu, vous dépouiller.
Le manque de l’autre, l’impossibilité de respirer.. s’apercevoir qu’il est votre air, votre âme.. que vous pouvez tout lui pardonner.
Ces crises de colère quand vous vous refermerez.. ces rayons de lumière quand vous vous regarderez.
La vie est injuste les filles, c’est pas un compte de fées.
C’est pas comme si un jour tu te réveillais et que tu avais un panneau WELCOME TO WONDERLAND.
Il n’y a pas de princes qui viendront vous sauver.
Vous êtes faites pour des rois, des aventuriers, c’est ainsi que je vous ai élevés.
Chaque homme en lui est roi, grand et fier. mais une seule femme à le pouvoir de faire sortir ce noble animal de sa tanière.
Alors oui, vous allez pleurer, vous retrouver avec le cœur brisé. Mais ce sera uniquement une façon d’apprendre. jusqu’à ce que votre précieux soit sur votre route.
Là Les signaux, la force, les feux d’artifices. la folie vous transportera, croyez moi. et une fois avec lui, les autres disparaitront.
il est trop rare que deux âmes vibrent à l’unisson.
Alors mes filles chéries, soyez fières et nobles mais humbles en même temps. Ayez les qualités de vos défauts, et n’ayez pas peur de vous ramasser.
la seule règle après c’est de ne pas vous refermer.
Vous êtes précieuses,vous avez un don, vous rendez la vie plus belle, en plus d’êtres jolies, vous êtes des étincelles, des petits feux follets de vie. Gardez donc enfoui en vous cette part de magie, ce bout d’innocence, cette divine folie.
L’amour est la seule force que nous ne pouvons maitriser, la fusion de l’atome à coté c’est une pile d’un volt.
Alors aimez, mes enfants, aimez.
Spontanéité, joie et honnêteté font un excellent ménage à trois.
Pour la forme je m’en moque, vivez entre filles en couple même à trois.. du moment que l’amour est bel et bien là.
On le regarde, crevées, le vin fait son effet, le bol et les verres sont vides, on se dirige sur le canapé.
Patrick a choisi le film, de coutume, c’est souvent Casablanca.
On s’assoit on s’agglutine, on se tient chaud et on regarde comme ça, chacun sous un plaid, toutes lumières éteintes.
Patrick nous prend dans ses bras, on est protégées..
Et on s’endort tous comme ça… quelques heures de sommeil avant de bruncher.
Patrick me manque, il m’a appris la vie. m’a tenu la main.
Parfois quand je pense à lui, je me demande s’il est fier de moi… Parfois même je me dis, que cet enfoiré à mis la barre hyper haute, que je ne vais pas y arriver.
Sa chaleur me manque, et puis il me suffit, d’ouvrir une bouteille de vin ou de boire un Jack au coin de la cheminée.
Je perdure depuis toujours la tradition de la brouillade aux truffes.
Ce sont toujours des moments emprunt d’une certaine magie.
Alors ce soir, un Jack à la main, je te lève mon verre, j’ai même mis un caleçon vert pour l’occasion.
Et à chaque fois je lève mon verre et je pense à lui.

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