Brooklyn,  là des mots

Brooklyn. Avril 2014


Together. The XX

La chambre était baignée de soleil, une douce brise faisait bouger les voilages.
Elle était allongée sur le canapé, essayant de lire avec la télé allumée en fond, sans son.
Elle cherchait à s’occuper le cerveau, ne pas penser qu’elle l’attendait.
Ne pas penser qu’il allait enfin passer cette porte..
Non elle ne devait pas y penser. Elle voulait juste somnoler et se réveiller à son coup de fil, le moment où il l’appellerait pour lui dire..
– OK je suis là dans 10, 5 , 3,2,1…
Des mois qu’ils attendaient cet instant, des heures passées au téléphone, à communiquer, ils se connaissaient déjà si bien, ils s’étaient déjà croisés, ils savaient pour leur peau, ils savaient pour les désirs, ils savaient pour leurs mots.
Ils nourrissaient leurs envies et s’inspiraient l’un de l’autre, tout comme ils s’aspiraient aussi.
Depuis le temps qu’ils voulaient se voir, se toucher.. ils y arrivaient enfin…
Le monde est petit sur les internets, les réseaux sociaux ont une façon bien à eux de plier les cartes.
Mais la réalité était plutôt violente quand il s’agissait de les déplier.
Donc elle s’était mis en tête de la faire cette putain de transatlantique.
Le retrouver là bas, dans son Brooklyn natal.
Elle avait trouvé un appartement sur airbnb et attendait qu’il arrive enfin.
Chaque minute lui paraissait une éternité, elle n’avait pas pu dormir dans l’avion, elle était trop excitée, heureuse de le voir enfin..
Bon OK, c’était pas la première fois, ils avaient déjà dîné ensemble à un tweet apéro..
Alors qu’il était à Paris pour son boulot.
Alors ils avaient dîné eux et 30 autres de leur TL.
Mais la connexion s’était faite.
Presque malgré eux.
La soirée avait passé si vite…
Et il devait partir le lendemain.
Mais leur regards, leur sourire n’avaient de cesse de les trahir.
Presque 6 mois étaient passés,
Et là, elle traverse l’Atlantique pour passer du temps à ses côtés.
Pour confronter le virtuel à la réalité.
Il lui a envoyé un texto lui disant, j’arrive, je sors du boulot.
Elle regarde son téléphone et sourit.
Le bonheur tient parfois en quelques mots.
Elle hésitait sur sa façon de s’habiller, elle voulait sa peau .. Sa bouche.. La seule chose qu’elle savait c’est que tout allait commencer par un baiser.
Elle ne voulait pas d’habits difficiles à enlever..
Une robe, ça suffit, avec un décolleté, juste assez de peau pour l’affoler, juste un peu de parfum léger dans les cheveux…
Et très vite son regard … ses yeux..
En prenant possession de l’appartement elle flottait, son cœur battait si vite.
Elle leur donnait 3 mois, pour comprendre, pour se voir, pour savoir pourquoi.
Pourquoi cette attirance, pourquoi cette évidence et cette certitude.
Pourquoi le pouvoir, la puissance qui les traversaient des qu’ils se voyaient.
Donc 3 mois, une petite éternité pour commencer à vivre, à se nourrir de cet ovni d’amour et d’amitié.
Récupération des clés, valises vidées…
Courses de bouffe faites et bain pris. Il ne lui restait plus qu’à l’attendre…la tension montait, elle se sentait trempée…
Après hésitation elle n’enfila pas, de bas ni de chics dessous, encore une fois, elle ne voulait rien d’autre que sa peau, pas d’artifices, pas de mise en scène, juste eux.. Seuls ..
Et voir où ça les mène.
Oh il appelle, Luv, je suis à deux blocs, t’as besoin de quelque chose ?
Non juste toi..
Viens.. Vite.. C’est comme si je ne respirais pas..
Il est en bas, il sonne à interphone,
– Quel étage ?
– Je suis au second,
– Je monte, ne bouge pas.
Elle est à la porte, la laisse entrouverte, elle veut prendre le couloir, descendre les marches,
Mais elle voit les lumières de l’ascenseur…
Alors elle retourne dans le salon,
Se recoiffe, mais à quoi bon, encore deux minutes et sa main sera dans ses cheveux, pour la décoiffer, la froisser un peu.
Là, elle entend son pas, son cœur bat la chamade, la porte.. Est devant elle..
L’ouvrir ou pas ?
Il frappe deux fois,
Luv je suis là..
La porte s’ouvre, et enfin le voilà.
Regards.
Sourires.
Rires.
Nervosité.
Regards.
Mains qui se touchent.
Baisers…
Mains qui caressent.
Regards.
Baisers…
Sourires.
Mains qui cherchent
Regards.
Baisers…
Mains qui déshabillent.
Regards.
Sourires.
Baisers….
Peaux.
Mains qui fouillent.
Corps qui basculent.
Sourires.
Baisers.
Peaux.
Tête qui tournent.
Temps qui disparaît.
Regards.
Sourires.
Baisers..
Tout autour d’eux disparaît..
Pas de mots, pas là pas maintenant.
Juste leurs peaux.
Collées.
Ils ne savent plus rien.
Ils sont plein de leurs ressentis
Dans le moment, dans l’instant.
Voilà c’est fait.
la seule chose de certaine c’est qu’il y aurait un avant et un après.

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